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l'infidélité au féminin

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l'infidélité au féminin

Message par scorpy le Dim 6 Juin - 15:49

Aventure? Adultère? Regard sur l'infidélité au féminin

Peut-on vraiment tromper son partenaire et l'assumer sans honte ni culpabilité? La sexologue Jocelyne Robert réagit aux témoignages de femmes qui sont passées à l'acte.

Tout se passe habituellement très vite

On laisse libre cours à ses fantasmes, sans arrière-pensée. Arrive ensuite la rencontre fatidique: on se sent follement désirée ou happée par son désir pour l'autre. Puis, animée d'une pulsion qu'on ne s'explique pas, on cède à la tentation. Et, sans qu'on l'ait vraiment cherché, on devient infidèle.

Ce scénario classique, maintes fois évoqué par les femmes qui ont bien voulu me parler de leurs incartades, me rappelle le film Unfaithful (remake de La femme infidèle, de Chabrol) où Connie Sumner (Diane Lane) tombe littéralement sur Paul Martel (Olivier Martinez), un jeune marchand de livres auquel elle succombera passionnément, au prix d'une tragédie qui changera à jamais la suite de sa vie et le sort de son couple.

L'adultère, un réel concours de circonstances?

En matière d'adultère, rares sont les femmes qui, la première fois, procèdent de façon préméditée. Comme dans le film, il s'agit la plupart du temps d'un concours de circonstances. Pourtant, une aventure extraconjugale n'est jamais complètement fortuite. Car «pour passer à l'acte, il faut être disponible et cultiver un terrain propice à l'infidélité», affirme Jocelyne Robert, sexologue et auteure de l'essai Le sexe en mal d'amour - De la révolution sexuelle à la régression érotique (Les Éditions de l'Homme), son plus récent ouvrage.

«Pour plusieurs femmes, ajoute la sexologue, c'est l'essoufflement du couple - et sa grande difficulté à durer en cette ère d'amours jetables - jumelé à l'envie d'aller vers du plus neuf qui favorisent l'infidélité.

Chez celles dont l'identité est plus fragile ou qui souffrent d'une blessure narcissique, l'adultère naît le plus souvent du besoin de séduire et de savoir qu'elles sont encore bandantes pour un homme.»

Par ailleurs, le fait d'avoir une liaison permet à certaines de compenser leur relation conjugale moribonde tout en maintenant le statuquo... sans être frustrées sexuellement. Pour d'autres enfin, comme en témoigne l'écrivaine Maïna Lecherbonnier dans son Éloge de l'adultère (Éditions Blanche), l'infidélité peut constituer «une renaissance, une libération», qui contribue à les extirper d'une union insatisfaisante.

Infidèle sans complexe
Si les raisons qui poussent les femmes à prendre un amant - pour un soir ou à plus long terme - sont variées, les façons d'assumer - ou pas - leurs infidélités le sont tout autant.

Parce qu'elles ont massivement investi le marché du travail et qu'elles jouissent aujourd'hui d'une autonomie financière, de plus en plus de femmes sont non seulement davantage exposées aux «tentations», mais elles revendiquent aussi le libre accès au plaisir.

Lucie*, la cinquantaine tonique, fait partie de celles-là. «Mon chum est presque toujours parti en Chine pour brasser des affaires, raconte-t-elle. Alors pourquoi resterais-je à sécher sur place en l'attendant? J'ai pris un amant et je trouve ça très épanouissant.» Même son de cloche chez Justine*, 41 ans, qui se félicite d'avoir à la fois un mari et un amant: «J'ai besoin des deux, un pour l'amour et la sécurité, l'autre pour le plaisir. J'y trouve un certain équilibre, même si je crains parfois que mon mari devine mon secret.» Et que dire de Gisèle*, une quinquagénaire zen en paix avec ses «échappées belles» qui pimentent sa vie de couple, plutôt pauvre sur le plan sexuel...

«Voilà des femmes qui vont au bout de leurs envies sans se culpabiliser; à mon avis, c'est très sain! s'exclame Jocelyne Robert. Je les trouve formidables, même si elles peuvent sembler amorales aux yeux de certains. Cela dit, s'empresset- elle d'ajouter, qu'on me comprenne bien: je ne prône pas l'infidélité comme telle, au contraire. Mais si une femme y trouve une source d'épanouissement sexuel et personnel, pourquoi pas?»

Comme les hommes?
Ma foi, est-ce à dire que les femmes en sont venues à tromper leur partenaire sans éprouver le moindre scrupule... comme tant d'hommes?

Pas tout à fait. Car même si on a pu constater, au cours des dernières décennies, un rapprochement entre la sexualité masculine et celle vécue par les femmes, certains traits typiquement féminins demeurent. La tendance à lier sentiments et rapports sexuels, par exemple. «Nombre de femmes vont ainsi se convaincre qu'elles sont amoureuses de leur amant pour cautionner leur désir, qui leur paraîtrait condamnable autrement. Or, ce besoin d'idéaliser leurs sentiments risque d'engendrer un effet pervers, prévient Jocelyne Robert. En effet, il peut donner à leur liaison une importance qu'elle n'a pas et la compliquer sans raison.»



*Prénoms fictifs à la demande des femmes interviewées.

Juste une aventure
Dans le même ordre d'idées, de nombreuses femmes se désolent - parfois au point de rompre - lorsqu'elles s'aperçoivent que leur liaison ne va nulle part.«C'est absurde, car c'est justement le propre d'une aventure de ne mener nulle part, lance la sexologue. Une aventure, c'est un à-côté de la vie conjugale. C'est fait pour rêver, pour vibrer, pas pour construire une autre vie de couple!»

Un point de vue qui devrait délester bien des femmes de la nécessité d'être follement éprises ou de se projeter dans l'avenir dès qu'elles envisagent de passer à l'acte. Même si l'époque où les femmes adultères étaient sévèrement jugées est désormais révolue - du moins dans la plupart des sociétés occidentales -, il reste que certains relents judéo-chrétiens, comme la honte et la culpabilité, ont la vie dure.

«Jamais je n'aurais imaginé tromper Pierre, raconte Suzanne*, 59 ans. Et pourtant, je l'ai fait pendant des mois avec un homme que je n'aimais même pas... Je ne me le pardonnerai jamais!» Louise*, 42 ans, insiste elle aussi pour dire combien son unique aventure d'un soir lui a laissé un goût amer: «Qu'est-ce qui m'a pris de mettre mon couple en jeu pour une simple partie de jambes en l'air? Je m'écoeure moi-même quand j'y pense!»

La culpabilité: un sentiment inutile
Or, «la culpabilité est un sentiment totalement stérile, fait valoir Jocelyne Robert. Même si l'adultère est parfois difficile à vivre, la culpabilité ne sert à rien, sinon à s'autoflageller en vain».

D'accord, mais que faire quand on est rongée par les remords? «Lorsqu'on se retrouve dans une situation d'infidélité, il est essentiel de reconnaître son propre désir, de cesser de le nier en se disant "c'était plus fort que moi". Car plus on accepte sa part de responsabilité et son choix délibéré d'être allée vers l'autre, moins on nourrit la honte et la culpabilité. Assumer son désir et sa soif de plaisir - sans les condamner ni les idéaliser - exige une grande dose de maturité, mais c'est extrêmement libérateur.»

*Prénoms fictifs à la demande des femmes interviewées.

Trois infidèles racontent... Marie-Claude*, 41 ans
Mariée, mère de deux enfants «Il y a neuf ans, j'ai eu une liaison avec Simon, un ami qu'on voyait en couple chaque weekend. Moi qui n'avais jamais pensé tromper mon mari - je l'aimais et j'adorais nos deux filles de six et neuf ans -, j'ai été totalement submergée par cette histoire.

«Ce qui avait commencé par une simple amitié entre les deux familles s'est vite transformé en passion... dès le jour où Simon m'a avoué son attirance pour moi. On a alors commencé à se rencontrer à l'insu de nos conjoints respectifs. Plus on se voyait, plus on avait envie de se revoir et plus on se désirait. À partir du moment où on est passés à l'acte, notre liaison a eu sur moi l'effet d'une drogue.

«Avec le recul, je me rends compte que cette aventure m'apportait la fantaisie qui me manquait, l'ivresse d'être désirée comme une femme à part entière - et pas seulement comme une partenaire déjà acquise. La culpabilité? Je la chassais de mon esprit. Envolés, les interdits, la crainte de détruire ma famille! Après tout, si je gardais ma liaison secrète, personne n'aurait mal...

«Erreur! Après un an, j'ai complètement perdu le contrôle de la situation. Je ne supportais plus cette vie parallèle, ces cachoteries. Déchirée, j'ai rompu avec Simon, puis j'ai tout avoué à mon mari, de peur qu'il découvre le pot aux roses. Il s'est effondré, mais il ne voulait pas qu'on se quitte.

«Au bout du compte, ce sont nos valeurs familiales communes qui nous ont sauvés. Cette épreuve a fait ressortir nos forces et nous a poussés à miser sur ce qu'on ressentait l'un pour l'autre. J'avoue que cette idylle m'a appris à m'abandonner et à renouer avec ma féminité... mais à quel prix! Encore aujourd'hui, je me sens immensément coupable d'avoir rendu mon conjoint si malheureux. Et même si, depuis, nous apprécions encore plus notre vie de famille, la blessure ne s'est jamais complètement refermée; elle nous accompagnera sans doute jusqu'à la fin de nos jours.»

L'avis de la sexologue
«L'histoire de Marie-Claude me laisse perplexe. D'abord, pourquoi avoir tout révélé à son conjoint? Même si l'authenticité est vitale dans un couple, ça ne signifie pas pour autant qu'on doit tout se dire, surtout si ces révélations nous donnent le pouvoir de faire souffrir l'autre.

J'ajouterais que l'insistance de Marie-Claude souligner les valeurs familiales qui lui ont permis d'éviter la rupture me fait douter de la réelle solidité de son couple. Cela dit, j'espère que ces retrouvailles lui permettent d'alimenter à nouveau le lien intime qui l'unit à son partenaire, sachant que ce lien constitue la base même du couple et de la famille.»

Nicole*, 48 ans, Séparée, sans enfants
«J'étais en couple avec Gilles depuis déjà 16 ans lorsque je suis tombée par hasard sur Luc, un gars que je n'avais pas revu depuis l'époque où je fréquentais le cégep. On a pris un café, on a ri. Par la suite, il s'est mis à me téléphoner, puis à me draguer ouvertement. Je trouvais ça très flatteur. Deux semaines plus tard, on baisait ensemble. C'était vraiment hot!

«Notre aventure a duré huit mois. Un voluptueux épisode de super bon sexe, sans plus. Et j'en ai profité! Pourtant, quelque chose clochait: je sautais allègrement la clôture sans me sentir coupable. Moi qui avais toujours considéré l'infidélité comme un acte inacceptable, comment pouvais-je tricher aussi facilement? À mes yeux, ça n'était pas normal.

«Après un mois d'intense questionnement, le constat est devenu évident: je n'aimais plus Gilles. J'ai alors pris mon courage à deux mains et j'ai rompu, la mort dans l'âme. On n'efface pas 16 ans de vie commune sans éprouver une grande peine...

«Je n'ai jamais parlé de mon aventure à Gilles; ça aurait servi à quoi? De mon côté, je me suis vite pardonné cette torride incartade. Après tout, elle m'a donné le courage de rompre et de me "reconnecter" à mon besoin d'évoluer. Pourquoi aurais-je des regrets?»

L'avis de la sexologue
«Je trouve très touchante l'attitude d'ouverture et de compassion de Nicole à son propre égard. Je salue aussi son courage et sa grande lucidité face aux évènements, qu'elle endosse pleinement. Enfin, comme je suis contre l'aveu systématique dans les cas d'adultère, j'apprécie le fait que Nicole a préféré taire son aventure à son exconjoint. D'autant plus que, dans ce contexte précis, une telle révélation n'aurait rien changé au dénouement de l'affaire.»

Séverine*, 53 ans, en couple, sans enfants
«J'ai un mari sympa, un boulot que j'aime, une vie très bien remplie. Seulement voilà: j'ai aussi une sexualité exigeante et je ne supporte aucune frustration de ce côté-là. Alors mon truc, c'est les hommes mariés qui, comme moi, veulent faire l'amour sans complications.

«Je les repère sur Internet, c'est plus discret. On se rencontre au bar d'un hôtel, on flirte, on s'envoie en l'air et... on ne se fait surtout pas de promesses. Je trouve ça très excitant!

«Au début, j'avoue que ça m'embêtait de me glisser le soir dans le lit avec mon mari, alors que j'étais encore remplie de désir pour mon amant de l'après-midi. Mais ce malaise a vite disparu.

«Certaines me trouveront peut-être égoïste ou même cynique, mais ça m'est égal! J'ai franchi le cap de la cinquantaine et j'aime trop me sentir sexy pour me priver de ces rendez-vous occasionnels. Séduire me permet de rester jeune.»

L'avis de la sexologue
«Voilà une femme qui aime faire l'amour et qui l'assume... avec un brin d'arrogance. J'ose espérer qu'elle se protège lors de ses rapports intimes avec ses amants de passage. Ça lui évitera de gonfler les rangs des quinquagénaires qui, faute d'avoir recours au condom, contractent de plus en plus d'infections transmises sexuellement.»

* Prénoms fictifs à la demande des femmes interviewées.

La version originale de cet article a été publiée dans le numéro de Novembre du magazine Vita.

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Re: l'infidélité au féminin

Message par pourpre le Lun 7 Juin - 3:19

intéressant

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Re: l'infidélité au féminin

Message par Rachel le Lun 7 Juin - 11:46

ah que je comprends!

Rachel

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